La Section de Liaison en Indochine (SLI)
En février 1956, l'officier des équipages de 1re classe Roubaud, à la tête de la
SLI de la Marine nationale, stationnée sur le terrain de Tan Son Nhut, près de Saigon,
doit trouver une solution pour l'entraînement des jeunes pilotes arrivant de métropole
et n'ayant pas volés depuis plusieurs mois. La dotation de la section est d'un C-47
et de trois Morane 500, mais ces dernier ne sont plus en état de voler. Il n'y avait
alors pas d'autre alternative que de former ces jeunes pilotes directement sur Catalina.
C'est à cet instant que l'officier eut une idée lumineuse. A la même époque, à Tan
Son Nhut, le 22e GAOA, plie ses bagages avant de partir début mars en métropole,
en vue de sa dissolution. Doté de Cessna L-19A, fournis par les Américains, il doit
prochainement reverser ses appareils à l'armée sud-vietnamienne. Roubaud contacte
alors un capitaine du 22e GAOA, sait se monter persuasif, et obtint la cession, non
officielle, de trois avions (n°112719, 112837 et 112841). La contrepartie, tout aussi
non officielle, consista en un nombre indéterminé de caisses de whisky, ramenées
clandestinement de Bangkok ou Hong Kong par le C-47, dont Roubaud était, entre autre,
commandant de bord.
Le 15 mars 1956, l'enseigne de vaisseau de 1re classe André Renaud, provenant de
la 8.S, succède à Roubaud à la tête de la SLI, qui, entretemps, s'était enrichi de
deux Cessna L-19A supplémentaires.
La section est principalement chargée du transport des autorités civiles et militaires.
Son effectif d'une soixantaine d'officiers-mariniers, quartiers-maîtres et marins,
assure les liaisons des hautes autorités, à l'intérieur et aussi à l'extérieur de
l'Indochine (Singapour, Hong Kong, Bangkok, Sydney, etc) avec le C-47. Quand à eux,
les Cessna L-19A effectuent des missions de liaison les menant sur les terrains des
plantations mais aussi sur le port de Kompong Son, au Cambodge.
La SLI est dissoute à l'été 1956 et ses L-19A (clandestins) sont restitués aux Américains.
Bien évidemment ces appareils ne figureront jamais sur les registres officiels.
Avec l'aide de Jean-Pierre Dubois.